La vague culturelle coréenne

Publié le par lostinseoul.over-blog.com

L'émission change encore de sujet pour aborder un troisième aspect de la Corée du Sud : l'exportation grandissante de sa culture. J'ai peut être du mal à être objective, car j'aime beaucoup le cinéma sud-coréen, mais j'ai l'impression qu'il devient plus populaire en France et en Europe que le cinéma japonais, qui a connu sa période de gloire après la seconde guerre mondiale avec notamment Rashomon, d'Akira Kurosawa.

Aujourd'hui, son voisin coréen reprend le flambeau avec un dynamisme et une nouvelle génération de réalisateurs, scénaristes et d'acteurs qui arrive à s'exporter dans le monde entier. Il faut dire que le gouvernement coréen a mis en place une politique de soutien très poussée. D'abord, pour essayer de diminuer l'influence américaine, mais surtout pour tenter de se faire connaître au plus grand public. Il emploie les grands moyens sur son territoire avec les Screen Quotas, mis en place en 1967. Il accorde un budget impressionnant pour promouvoir le cinéma à l'étranger.

Les festivals internationaux prennent le relais (sans mentionner le Festival international de Busan, la 2ème ville du pays) : le cinéma coréen a tendance à être sombre, lent (Secret Sunshine), avec un humour noir (The Host) et une violence parfois insupportable (Memories of Murder, The Chaser) donc il ne fait pas l'unanimité et sûrement pas encore la une du Gaumont ou Pathé.

Mais son originalité et sa qualité sont indéniables : à Cannes, parmi tant d'autres festivals de cinéma internationaux, le film Old Boy de Park Chan-Wook fit une entrée très remarquée en 2004, et obtint le Prix du Jury. Ce même réalisateur décrocha le même prix en 2009 avec son nouveau long-métrage Thirst, film très noir de vampire, mêlant religion et violence avec un humour assez spécial. Plus récemment, en 2010, le Prix du Scénario pour le magnifique Poetry de Lee Chang-Dong (200.000 entrées en France). Ces films sont souvent diffusés dans les cinémas indépendants en France, mais font la fierté des Coréens.

291e8 Chugyeogja The Chaser2008  memories of murder  shicover  Thirst-us-poster  old boy poster

 

Comment aborder la vague culturelle coréenne (appellée Hallyu한류) sans mentionner les fameux dramas, ces soaps qui ravissent quotidiennement les ajumas du pays, ces femmes d'âge mur qui ne manqueraient pour rien au monde un épisode ?

Au centre de cette vague populaire, le très célèbre feuilleton "Sonates d'hiver" (겨울연가). Attention, pour ceux qui trouveraient "Plus belle la vie" ou "Les feux de l'amour" lents, stupides et irréalistes, je vous mets au défi de regarder cet extrait de Sonates d'hiver, le plus populaire Soap coréen, qui s'exporte au Japon, Chine, Taïwan et autres pays asiatiques et du monde. Son acteur principal Bae Young-Joun, à l'apparence androgyne (qualité dont raffolent le genre féminin asiatique) déclenche l'hystérie des fans, venus du monde entier en pélerinage sur les lieux de tournage du drama (200.000 touristes chaque année). 

Il n'y a pas que ce feuilleton : chaque année, KBS, une des chaînes principales du pays, diffuse 1500 heures de soap. Il y en a pour tous les goûts, tous les publics, tous les âges.

 


 

Enfin, après le cinéma et les dramas, la musique, ou plus précisément, la K-Pop - pour Korean Pop. Des dizaines de boys ou girls band déferlent sur les ondes. Parmi eux, Pi (비 - Pluie en coréen) ou Girls Generation, Boa, Shi Nee ou 2NE1, dont voici quelques extraits pour mieux se rendre compte du business. Les valeurs que véhiculent ces groupes de pop sont assez contradictoires avec celles de la société coréenne traditionnelle : confucianisme et respect de la communauté contre société de consommation et aspiration à un individualisme croissant.

 

girls_generation_nintendo.jpg  371164-shinee.jpg  1171707381.png  Rain_001.jpg

 

Voici Girls Generation qui remplissent des stades au Japon et en Chine...

 

 

 

Et mes préférées : 2NE1 (pour Twenty-One), la Lady Gaga coréenne, en fait un groupe de 4 jeunes filles...

 

Et sans oublier les garçons, ou le sont-ils vraiment ? Tellement androgynes que c'en est déroutant, pour le plus grand plaisir des minettes asiatiques...

 

Commenter cet article